Et Ilam ‘ême pas fait beau.

Après plus d’un mois de travail avec pour unique pause les jours stressants du premier séisme, et le chercheur népalais avec qui nous devons travailler ayant une fois de plus retardé son arrivée dans le Sunsari, nous décidons de nous octroyer un week end : destination Ilam, ville sœur de Darjeeling, juste de l’autre côté de la frontière indienne. Ilam n’est pas encore très connue pour son thé, mais ça viendra !

Pour aller du Sunsari, notre district d’étude, à Ilam, nous longeons la plaine du Teraï vers l’Est. Le phénomène de péri-urbanisation le long des routes est toujours aussi ahurissant. Le long de la route, il y a aussi des forêts d’eucalyptus, qui abritent parfois des cimetières improvisés (les vaches sacrées se prélassant tranquillement sur les tombes) mais aussi des mariages, très fréquents en cette période de pré-mousson. Au carrefour de Birtamod, une petite bourgade « sans intérêt », telle que la décrirait notre positif guide Lonely Planet, nous quittons le bus bringuebalant pour un 4×4 plein à rabord, et virons vers le Nord : l’ascension du toboggan népalais commence !

Notre carte indique que nous roulons sur une route nationale, mais on a du mal à imaginer le même trajet sans 4×4… Plus on monte, plus l’air se rafraîchit : ça fait du bien de descendre sous la barre des 30°C !

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Arrivés à Ilam en fin d’après-midi : à la place de la ville à laquelle nous nous attendions, c’est plutôt un grand village au sommet d’une colline qui nous accueille, entouré de plantations de thé et d’autres montagnes plongées dans la brume.

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Nous grimpons jusqu’à l’hôtel en empruntant un escalier au milieu des arbres à thé, le soleil se couchant entre deux montagnes.

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Le lendemain, nous décidons d’aller au « Maï Pokari », un lac sacré dans la montagne.

Nous devions retrouver un touriste népalais de l’hôtel, mais n’ayant plus de batterie nous abandonnons l’idée. Deux népalais nous tombent alors dessus : le premier, distingué, nous raconte sa vie, qu’il travaille pour l’organisation Planet Finance dont le siège est à Paris, où il est allé trois fois… Mais que la France n’est pas assez présente dans les projets de développement au Népal comparé à d’autres pays. Désolé, nous ne sommes pas responsables…:/ Le second luron, Davy, qui parle moins bien anglais, nous emmène dans son « shop », petit boui-boui crassou, où il nous sert le thé local : ni sucre ni lait, ça change de tous les thés qu’on nous a servis au Népal ! Il nous donne pas mal d’infos sur la culture du thé, nous dit qu’il fait partie d’une association qui fait la promotion du bio… Et nous organise notre week end : il nous trouve un 4X4 qui partira quelques heures plus tard pour Maï Pokhari, nous restons donc déjeuner chez lui. Il nous conseille un plat local, et il nous sert une sorte de galette épaisse au goût de sarrasin, servi avec une omelette (attention, ce détail aura une importance dans la suite du récit). On est content, ça change du Dal Bhat.

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Enfin, c’est l’heure d’y aller, on nous dit que le 4×4 date de la seconde guerre mondiale, qu’il est donc solide. Il est surtout caractérisé par son absence totale de suspensions. Le trajet est donc épique, mais les gens ici s’en accommodent.

P1130857On passe devant une ferme où on compte entre 30 et 40 vaches, tous les passagers ouvrent de grands yeux. Ici, quand on a 5 vaches, c’est déjà beaucoup ! Nous finissons par arriver sur le site qui est aussi une réserve. On peut faire le tour du lac, dans une ambiance mystique (cf photos). Les petits drapeaux de prières colorés sont partout, la forêt est silencieuse, on sent l’esprit des dieux, clairement haha.

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Nous redescendons à pieds vers Ilam : c’est beaucoup plus agréable que l’aller. On a peur d’être surpris par la nuit, ce sera juste ! Le long du chemin, les maisons sont de plus en plus fréquentes à mesure qu’on descend. On croise les écoliers qui remontent chez eux, la première chose qu’ils osent nous demander est souvent : « Which country ? » Ce à quoi nous répondons : « Try to guess ! ». Souvent (on se demande bien pourquoi…) ils répondent « China ! », ou encore « America ».

On finit par arriver à Ilam bien fatigués, Etienne est malade, visiblement à cause de l’omelette mangée le matin même. On annule donc la journée que Davy nous avait organisée (tout en nous disant « if you help me, I will help you ») pour le lendemain : visite d’une usine de transformation de thé bio, tant pis !

A la place, on se balade un peu dans Ilam, on sent que c’est plus touristique ici que dans le Teraï (même si tous les touristes ont fui depuis le séisme) : les gens semblent attendre de nous de l’argent, régulièrement. Ça nous fait tout bizarre. La pluie commence à tomber, puis c’est le déluge : la mousson nous envoie quelques signes visiblement !

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On se réfugie dans Ilam Tea House, un magasin qui vend du thé de toutes sortes. On propose aux vendeuses de les aider à emballer le thé, ce que nous faisons donc en attendant le beau temps, tout en discutant et en goûtant le thé.

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Les gamins de l’école en face sont tout excités par la pluie : « first heavy rain ».

Mardi, nous redescendons la montagne pour retrouver la chaleur lourde du Teraï. A Itahari, le bus fait une pause, Etienne va aux toilettes… et en ressort rapidement : c’est reparti pour un beau tremblement de terre magnitude 7,3 ! On se demande d’où il vient encore celui là. Rien de terrible ici. Finalement, le bus repart, une femme nous dit que le Népal est fini… c’est pas la joie. Arrivés à la maison, on ressent une réplique, à plus de 6 sur l’échelle de Richter.

Le week end se termine en beauté. Ashutosh, le chercheur népalais qui devait venir avant le premier séisme, n’est sûrement pas prêt d’arriver.

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