L’épopée pulpée des fruits du Teraï

« C’est vrai que vous êtes là à la bonne période pour les fruits » nous glisse Prakash avec un sourire tout à l’heure alors que nous goûtions aux délices du Jack fruit, une sorte de gros fruit jaune vert qui pousse le long des tronc du jackier, un peu comme pour les cabosses de cacao.

En effet depuis notre arrivée mi avril dernier dans la plaine chez les madeshi – habitants de madesh = plaine = téraï (un article suivant traitera des castes et des groupes ethniques et dialectes nombreux) – on enchaîne les surprises fraîches, charnues, sucrées et LOCALES.

Chapitre 1 – Bah… Naan ?

A Katmandou, notre première semaine a été rythmée par les rendez-vous, par les changements d’hôtels, mais aussi par la nourriture nouvelle… sauf pour les bananes ! Elles sont partout au Népal alors même que ce n’est que le tout début de la saison à la mi-avril. Banane, nous t’avons cherchée et trouvée partout et ce jusque dans ton QG au marché de gros de Balkhu. Tu nous as aidés à retrouver des forces dans la chaleur, mais aussi à garder un équilibre intestinal décent dès les premiers jours. Et enfin, c’est aussi toi banane qui aura inauguré la série des petites arnaques financières de Katmandou avec des prix exorbitants demandés aux voyageurs ignorants (environ 2€ les 5 bananes non mais, on en a pour 10 fois moins cher dans le Teraï !).

Chapitre 2 – Water-melon

Un melon avec le l’eau dedans, en plus gros, et en plus rouge… C’est la pastèque ! Elle a été des nôtres depuis avril jusqu’aujourd’hui. On en cultive beaucoup à l’ouest du Sunsari où une grande zone de terre ne laisse aujourd’hui place qu’à un sol sableux à cause du débordement de la grande rivière Koshi il y a 6 ans de ça. On se souviendra de toi pastèque qui nous a accompagné pendant les moments pas faciles, notamment en attendant les répliques du séisme sur les marches devant la maison, en plein cagnard.

Chapitre 3 – « Put the Coconut down ! »

Noix de coco tu nous as déçus et on espère que ce n’est que partie remise. Nous t’avions pourtant achetée nature, avec ta coque et tes poils. Notre déception fût grande quand, après 15 minutes de travail d’arrache-pied pour t’ouvrir nous avons découvert ta pulpe déjà bien trop mûre pour être mangée… Un petit marchand à Birtamod (ville carrefour au virage nord vers Ilam) ne nous a guère fait changer d’avis en nous vendant ta chair décortiquée sans grand goût. A la prochaine coco.

Chapitre 4 – Litchi mon amour

Depuis mi mai, c’est la saison des litchis. Quasiment chaque maison a son arbre à lichtis (litchtier?) et nous ne l’avions même pas remarqué ! Les voisins nous en ont apporté un rameau, et depuis c’est la coutume: nous en achetons tous les 2 jours 1kg au marché. Litchi, nous ne t’avions jamais autant apprécié qu’en quantité quasi infinie, gros et charnu, sucré ou plus acidulé, frais sorti du frigo ou tombé de l’arbre. L’astuce pour choisir ses litchis les plus charnus possible au noyau tout fin : prenez les plus triangulaires !

Chapitre 5 – Jack fruit

Étrange fruit que voilà. Connaissez vous un quelconque fruit qu’on nomme ainsi d’un prénom présidentiel, Jacques ? L’arbre ne passe pas inaperçu dans le paysage avec des énormes gousses jaunes qui champignonnent sur son tronc. La peau dure et rêche nous rappelle la sensation du rocher plein de petites patelles en bord de mer. Mais le plus étrange, c’est sa découpe. Une fois cette peau retirée, on tombe sur un myriade de grosses graines enveloppées dans leur pulpe blanche visqueuse et délicieuse. Le problème, c’est que cette pulpe reste complètement collée aux doigt après le festin (sensation type super glue). Il faut donc se laver les main avec le l’huile de tournesol, et ça on ne l’aurait pas trouvé tous seuls. Les grosses graines sont séchées pour être cuite plus tard, à l’huile.

Chapitre 6 – L’ananas

Des ananas, comme en France, sauf qu’ils sont d’ici et qu’on les voit pousser dans les champs. Sans scrupules, on aime beaucoup.

Chapitre 7 – Banane, prends en de la graine !

L’autre jour lors de la découverte de Shantinagar (qui sera notre second village d’étude), on nous offre à déguster des bananes. Mais ce que nous pensions être des bananes ne sont en fait pas des bananes. Ce sont… Des bananes. Mais d’un autre type. Plus petites et plus épaisses, beaucoup plus goûtues aussi, et à l’intérieur on y trouve… des graines ! On se souvient alors des cours de bio : « le bananier est un arbre à reproduction végétatives… », pourquoi des graines ? Si grosses ? Le mystère demeure mais nous enquêtons au sujet de la banane à graine, on ne peut laisser plananer un tel doute.

Chapitre 8 – « Papaye où t’es ? »

C’est peut être grâce à cette chanson plusieurs fois fredonnée au Népal que nous sommes tombés sur notre amie la papaye (l’inverse aurait pu nous faire mal à la tête). Il y a une semaine, nous l’achetons au marché et la dégustons fraîche, après un séjour dans notre frigo de fortune. Le papayer est un arbre très fréquent dans les jardins des familles du Sunsari. Le fruit en impose quand on le compare au reste de l’arbre avec son tronc menu et des feuilles éparses et frêles. La papaye n’est pas encore très mûre quand on y goûte, mais il paraît que ça se mange comme ça ici alors…

Chapitre final ?

On pourrait continuer ainsi avec d’autres découvertes comme une sorte de prune locale, ou une gousse rouge à la chair blanche et sucrée. Nous ne citons pas non plus les classiques non-locaux comme le raisin (indien), la grenade (indenne) et la pomme (chinoise). Mais les derniers mots de cet article seront dédiés à celle qu’on attend, la grande, la majestueuse que l’on voit grossir, rougir, mûrir sur ses promontoires ligneux. On pourrait dire d’elle qu’elle est la khaleesi du monde des fruits… LA MANGUE.

En attendant, bon appétit.

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Une réflexion sur “L’épopée pulpée des fruits du Teraï

  1. Coucou les amoureux des fruits

    Nolwenn et moi venons de déguster votre article: nous n’imaginions pas que le Népal avait tant d’atouts pour régaler les gourmands. Aurez-vous de la place dans vos valises pour partager vos découvertes?
    En attendant, chez nous les cerises et les fraises rougissent….
    Merci encore de nous faire partager vos découvertes.

    Bisous

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